Peu importe le sexe de la personne à votre emploi vivant une relation de violence conjugale, celle-ci traverse, inévitablement, une situation difficile qui l’ébranle psychologiquement et qui peut la désorganiser à moyen ou long terme.

Les conditions de vie découlant de la violence sont précaires, insécurisantes et dévalorisantes pour votre employé.e.

Au quotidien, il ou elle peut par exemple se faire :

  • commander,
  • surveiller,
  • humilier,
  • intimider,
  • menacer,
  • frapper,
  • dénigrer,
  • secouer,
  • agresser sexuellement, 
  • contraindre sur le plan financier.

Il est donc possible que votre milieu de travail soit le seul endroit où le respect, la stabilité et la sécurité lui permettent de voir au-delà de sa présente relation.

Par contre, votre employé.e apporte au travail différentes préoccupations, dont :

  • vous cacher cette réalité intime qu’il ou elle sait être malsaine;
  • préserver son image professionnelle;
  • s’isoler du reste de l’équipe;
  • décliner systématiquement les invitations aux activités en dehors du travail;
  • avoir peur d’attirer l’attention, car la situation peut être à ses yeux impossible à dévoiler à quiconque.

En effet, le dévoilement de la situation, particulièrement dans les petites communautés, peut représenter pour la victime un risque accru d’atteinte à sa réputation ainsi qu’à celle du conjoint ou de la conjointe, d’autant plus que des menaces et des représailles pourraient en découler.

De ce fait, la victime agit au travail en :

  • se censurant;
  • mentant pour cacher la vérité à ses collègues;
  • évitant de nouer et de conserver des relations;
  • employant des propos d’autodénigrement.

Votre employé.e peut probablement :

  • se sentir isolé.e;
  • être très anxieux ou très anxieuse;
  • se sentir pris.e au piège dans la relation;
  • démontrer des signes de dépression.

Professionnellement, il ou elle pourrait :

  • avoir l’étiquette d’employé.e difficile en raison de ses absences, ses retards et de son rendement insatisfaisant;
  • manquer de confiance en lui ou en elle;
  • avoir peur de la réussite;
  • avoir des réticences à l’égard du perfectionnement professionnel;
  • arriver au travail en retard;
  • avoir de la difficulté à respecter les échéanciers;
  • avoir des comportements d’auto sabotage;
  • avoir d’importantes difficultés à gérer le stress
  • avoir de la difficulté à garder sa concentration au travail ou à accomplir ses tâches en raison de distractions ou de blessures.

Sa santé générale s’en ressentira également. Voici quelques signes que vous pourriez voir apparaitre ou évoluer :

  • les troubles alimentaires comme la boulimie ou l’anorexie;
  • la consommation de médicaments;
  • l’usage du tabac;
  • l’abus d’alcool ou d’autres drogues;
  • des pratiques de jeux impliquant de l’argent;
  • une fatigue apparente en raison de modifications dans ses habitudes de sommeil et d’une alimentation carencée ou irrégulière;
  • d’importants changements dans ses choix vestimentaires ou esthétiques dus à une négligence volontaire ou inconsciente, à des difficultés financières ou à un contrôle psychologique ou économique de la part de l’autre partenaire.

Quelles sont les répercussions négatives sur l’équipe de travail?

Côtoyant régulièrement la personne impliquée dans une relation de violence conjugale, l’équipe sent bien que quelque chose ne va pas et peut ouvertement ou discrètement se préoccuper de son état de santé général. Sans savoir ce que traverse leur collègue dans sa vie personnelle, les membres de l’équipe peuvent :

  • interpréter et juger les comportements de cette personne;
  • répandre des rumeurs à son endroit;
  • penser que leur collègue est une personne déprimée, distante, renfermée ou paresseuse;
  • trouver désagréable ou difficile le travail d’équipe en sa compagnie;
  • se sentir agacés du rendement professionnel instable ou déficient de cette personne;
  • être mécontents de devoir pallier ces difficultés;
  • être appelés à assumer des tâches pour lesquelles ils n’ont pas été formés, ce qui peut affecter leur moral et leur motivation au travail.

Dans la mesure où les membres de l’équipe ont conscience ou connaissance que leur collègue est impliqué.e dans une situation de violence conjugale, ils peuvent :

  • ressentir de l’anxiété par rapport à la sécurité de la victime;
  • croire que leur propre sécurité et la sécurité de tous sont compromises, suite à des visites ou des appels harcelants et menaçants de l’agresseur sur le lieu de travail de la victime;
  • connaitre, fréquenter socialement ou travailler avec l’autre partenaire impliqué-e dans la relation violente, en particulier dans les petites communautés;
  • vivre un conflit de loyauté vis-à-vis des partenaires;
  • être au courant des menaces planant dans le couple;
  • connaitre des propagandes que le ou la partenaire violent.e fait circuler au sujet de la victime;
  • être témoins de scènes violentes;
  • se sentir impuissants devant la situation en ne sachant pas quoi dire ou quoi faire;
  • ne pas savoir quelles informations donner à la victime et quels renseignements divulguer à la police, à la protection de la jeunesse et à vous en tant qu’employeur.e;
  • essayer de sauver la victime en la prenant en charge, en l’hébergeant, en la déménageant ou en décidant d’intervenir directement auprès de l’agresseur.
  • Ces alternatives comportent un certain risque de confrontation avec l’agresseur et mettent ses collègues en danger.